Présidente non exécutive GE Healthcare France et Directrice des affaires publiques de la zone France, Belgique, Luxembourg et Afrique francophone (FBFA)

À 16 ans, Laurence voulait être chirurgienne en Afrique. Finalement, elle a passé 35 ans dans l’industrie de la santé, notamment dans le dispositif médical, au sein de grands groupes américains. Ingénieure de formation, elle a occupé tous les postes, choisissant très tôt ce secteur.
À 26 ans, enceinte et déjà membre d’un comité de direction, elle fonce, souvent à contre-courant, choisissant des postes dont personne ne voulait, dans un univers très masculin. Une large partie de sa carrière s’est concentrée sur les dispositifs implantables et miniaturisés. Aujourd’hui, sa spécialité est le dispositif médical :

« du pansement à l’IRM, en passant par le stimulateur du coeur et les vis de la colonne vertébrale… »

« La RSE m’a toujours impactée, tant par le S que par le E ! ».

Les dimensions sociétale et environnementale de la RSE l’accompagnent depuis toujours. Laurence aime l’humain, la
diversité, et s’épanouit entourée. Son engagement se reflète dans ses choix comme dans ses actes :

« ma fille était en soin, je l’ai accompagnée mais j’allais aussi travailler pour elle comme pour tous les autres patients ».

Élevée à la campagne, elle fuit Paris dès qu’elle peut :

« J’ai toujours eu cette conscience que l’environnement avait un impact au sens large sur nous, humain, sur notre santé ».

Son quotidien s’en ressent, elle étudie l’impact de ses trajets, fait ses courses au marché, échange beaucoup en famille comme auprès de ses collaborateurs sur les leviers à utiliser, les points à améliorer. Sa conviction est forte :

« il n’y a pas de santé sans dispositif médical, mais il n’y a pas non plus de santé sans RSE ! »

« Dans nos métiers de l’équipement, la RSE est devenue un vrai sujet post-Covid ».

L’optimisation logistique, le recyclage des matériaux ou encore l’éco-conception sont désormais au coeur des réflexions. Une chaîne de scanners, auparavant fabriquée en Chine, est désormais produite en France, économisant 84 % de carbone sur le transport et réduisant drastiquement les délais de livraison. Toute la chaîne de valeur est repensée, et la France fait figure de modèle, y compris face aux sièges américains.

« La RSE doit faire partie de la vie de nos entreprises comme l’analyse économique, car elles sont extrêmement liées ! »

insiste Laurence.

« On peut croire que comme le monde est compliqué, qu’il faut faire des économies à tous les niveaux, la RSE ne doit plus être un sujet… Alors qu’en tant qu’industriel, on doit au contraire se dire : nos clients en ont besoin, nos patients aussi, ils nous le demandent … »

« Être acteur de santé, c’est prendre les devants sur les problématiques de demain ! (…) Par exemple mieux prendre en charge la population vieillissante, plus tôt, c’est aussi économiser des traitements coûteux ».

Et l’innovation, lorsqu’elle est bien pensée, peut réellement transformer l’avenir. « Par contre cela oblige à se parler, à expliquer clairement et simplement ».

Laurence anticipe aussi les enjeux RH :

« Si nous ne changeons pas nos modèles, demain, plus aucun jeune ne voudra travailler pour une entreprise de grande taille, même si c’est une entreprise de santé ! »

« Nous n’avons jamais eu autant besoin de la RSE pour répondre à la violence du monde, que ce soit écologiquement ou humainement ! »

Son conseil aux industriels :

« Nous croulons sous énormément de charges et de réglementations, mais il est de notre responsabilité de faire de la RSE une priorité tant pour l’entreprise, que pour nos clients et nos patients. »